Communiqué de presse


En 2009, l'Abbaye Saint-André - Centre d'art contemporain invite Heidi Wood en résidence. Elle investit le deuxième et le troisième étages du centre, mêlant espace de travail, de création et exposition évolutive.


Entre tableau abstrait et pictogramme, les peintures et les photographies d'Heidi Wood interrogent par leur motif et leur agencement sur ce qui fait signe dans une oeuvre et donc sur notre manière de voir.


Une exposition conçue et réalisée in-situ - Le bûcher de Meymac ou l'oeuvre à flux tendu

Le texte de Philippe Coubetergues, mars 2009


Dans la prestation Heidi Wood, le tableau, inscrit dans un environnement donné, fait image. En insistant précisément sur cet effet image, se produit une cristallisation symbolique d'un idéal; la valorisation extrême des apparences volatiles de l'objet confère à la suggestion Heidi Wood la précarité et la force d'évocation du dessein dans sa capacité à oblitérer toute trace de peinture.


Le contexte génère et justifie le motif (alias le tableau), et inversement. L'oeuvre se dévoile dans cette interdépendance ponctuelle et spécifique. C'est précisément ce qui intéresse l'artiste qui n'a pas d'illusion sur l'autonomie de l'objet peint, encore moins sur la pérennité du contexte. En conséquence, dans la situation d'un tableau qui s'expose, seul l'effet d'annonce retient son attention. Dans la peinture ce qui l'alerte, plutôt que le signe, c'est le signal.


Heidi Wood intervient comme un prestataire de service dans les contextes les plus divers, industriels, urbains, domestiques, commerciaux, etc. Elle se donne pour métier de faire image sur contrat et sous sa ligne. Dans sa démarche, le tableau n'a que la valeur du motif. En tant qu'objet, il est soumis à des règles d'usage dont dépend le label qualité de la prestation. Sa durée de vie est limitée. Sauf cas de détournement par effet d'acquisition, sa validité est de cinq ans. Les aspects matériels de l'oeuvre ne sont que des simulations ponctuelles. Le motif est, lui, gardé en mémoire: il peut être réactivé à tout moment.


C'est à ce titre et dans le cadre de sa résidence à l'abbaye de Meymac, qu'est programmé l'incendie l'incendie de 21 de ses toiles de 2002 et 2003. Elles ont toutes figuré au sein de projets spécifiques (Cristal Union en 2002, Planète magique en 2003, etc.). Loin de toute volonté de controverse ou de provocation, cet acte est un accomplissement. A l'image d'une entreprise soumise au principe du flux tendu, l'artiste gère ses stocks en se débarrassant des invendus. Mais ici l'acte prend valeur de symbole, de sorte que ses modalités performatives seront pensées dans le moindre détail l'instar de ses installations. Et de fait, dans le contexte actuel des surproductions auxquelles semble lié l'équilibre incertain des économies, ce geste iconoclaste devrait donc apparaître dans sa complète valeur de signal.


Post-scriptum: Face aux difficultés d'organisation d'un tel "bûcher" et en prenant conscience du fait que les tableaux contiennent du polyester et du plomb, et risquent donc de dégager une fumée toxique, la destruction des tableaux à la fin de l'exposition se fera de manière moins spectaculaire.






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Heidi Wood, Vous êtes ici

Exposition du 19 avril au 21 juin 2009. Abbaye Saint-André - Centre d'art contemporain, place du Bûcher - 19250 Meymac. Tél. +33 (0)5 55 95 23 30. Ouverture tous les jours sauf lundi de 14h à 18h.


Vous êtes ici, texte de Heidi Wood, mars 2009


Mon travail consiste à créer un langage graphique urbain qui évoque les logos ou la signalétique, mais qui trouve ses origines dans la peinture abstraite. Ainsi, étudiant l'omniprésence des formes 'abstraites' dans nos villes, je constate que le langage que j'emploie a, aujourd'hui, une charge communicante, voire commerciale: on cherche l'injonction ou le produit derrière ces formes. Je prends acte de cette évacuation du contenu, à l'origine de la peinture abstraite (le désir de provoquer une expérience transcendante, voire une révolution), et je déploie mes formes dans les faux supports marketing dans lesquels l'objet de la promotion est souvent peu clair.

En mars et avril 2009, je réalise une résidence d'artiste au centre d'art contemporain de Meymac. D'origine australienne, parisienne depuis presque 20 ans, je n'ai jamais fait un séjour aussi long à la campagne. Comment appliquer ce langage à un lieu vierge de signes?


Cette résidence aboutit sur une exposition en deux parties: une ultime mise en scène de mes tableaux "périmés" (cf. texte de Philippe Coubetergues) et une étude sur l'identité visuelle du village de Meymac.

Archives expositions personnelles France

  Heidi Wood, Vous êtes ici
  La Corne d'Or, Randonnai
 28.01 - 26.02.2011

Archives expositions personnelles (U-V-W-X-Y-Z)